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Novembre 2011 : Occupy Wall Street

Novembre 2011 : Occupy Wall Street
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Wall Street. 10 Novembre 2011. Là manifestent dans la joie et la bonne humeur mais aussi avec beaucoup de ressentiment envers les banques des centaines d’Américains, troublés par la crise qui n’en finit pas avec son lot de mauvaises nouvelles des deux côtés de l’Atlantique.

Par André Girod

Ereintante quand on marche toute la journée pour aller de Wall Street à Time Square : la foule dense sur les trottoirs qui semble foncer, tête baissée vers des lieux mystérieux, les sirènes des ambulances, des pompiers ou de la police qui vous assomment de leur bruits assourdissants. Vous êtes comme pris par un torrent, au milieu d’une tempête. Les geysers qui jaillissent des plaques de fonte des trottoirs donnent un caractère fantasmagorique aux magasins tout proches.

Puis vous arrivez à hauteur de Wall Street et à quelques pas, sur une place que vous auriez ignorée comme touriste, une étendue de tentes et de bâches à même le ciment. C’est comme un camp de réfugiés comme on les voit partout dans le monde et là manifestent dans la joie et la bonne humeur mais aussi avec beaucoup de ressentiment envers les banques des centaines d’Américains, troublés par la crise qui n’en finit pas avec son lot de mauvaises nouvelles des deux côtés de l’Atlantique.

Les slogans sont peints à la hâte sur des boites de carton et chacun explique sa participation à ce mouvement contestataire qui prend de l’ampleur chaque jour. L’atmosphère est un rappel des vastes manifestations des décennies précédentes : Woodstock et ses Hippies, Mai 1968 et ses lanceurs de pavés, les contestations estudiantines contre la guerre du Vietnam.

Jeunes, plus âgés, sous leurs pancartes rédigées à la hâte, lancent leurs cris de protestation contre Wall Street, les banquiers, le Mayor Bloomberg, les riches, le fameux 1% qui engloutit les richesses de la terre et lâche des tonnes de gaz carbonique.

Des tracts sont distribués par les 99%, les Américains qui ne touchent pas leur part du gâteau économique. L’un d’eux clame : «We are the 99% » comme l’on chantait il n’y a pas très longtemps : «  We are the world » ! Ils annoncent des forums, des conférences, des sit-ins, des teach-ins, des meetings et des potlucks. C’est sympathique car de nombreux visiteurs s’arrêtent pour discuter.

Tout près cependant, les cars de la police attendent pour intervenir si la manifestation bon enfant tourne au cauchemar pour les voisins. Au milieu des tentes, quelques entrepreneurs essaient de se lancer dans les affaires : fabrication de T-shirts aux slogans déjà éculés, un cireur de chaussures, un vendeur de sandwichs ou un batteur en mal de spectateurs.

Même s’ils réclament souvent un retour à la terre, au partage et à la fin des inégalités, ils n’en sont pas moins à la pointe du progrès tout comme les jeunes des pays arabes qui chassèrent leurs dictateurs. Mais sont-ils prêts à se sacrifier comme l’ont fait les Tunisiens, les Libyens ou les Egyptiens ? La question ne se pose pas pour eux car leur mouvement se veut pacifiste et c’est sous le poids de la contestation générale que les contestataires espèrent obtenir des résultats.

Les Tony, David, Mike qui sont présents croient se battre pour la bonne cause mais ne sont-ils pas simplement des jeunes au chômage ou perdus dans cette société qui a toujours été sans pitié pour les laissés pour compte ? Que pensent-ils obtenir avec leur rassemblement camping sauvage ? Faire plier Wall Street, effrayer les banquiers, les traders en un mot ceux qui amassent d’une façon égoïste des sommes indécentes ? Ou bien participer à un mouvement qui perd son souffle et semble s’interroger à l’arrivée de l’hiver ?
Je m’éloigne alors en me disant que depuis longtemps la jeunesse américaine n’a pas eu l’occasion de contester et que la crise réveillait en eux ce côté rebelle qui est la caractéristique de la jeunesse.

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