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La peinture américaine – Le 20e Siècle

La peinture américaine – Le 20e Siècle
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Au début du 20e siècle, Robert Henri (1865-1929) fut le chef de file d’un groupe d’artistes qui s’étaient eux-mêmes dénommés «The Eight» («Les Huit»: Sloan, Glackens, Lucks, Shinn, Arthur B. Davis, Maurice Prendergart et Ernest Lawson) et qui entendaient faire de la peinture l’expression spontanée et originale de leur vision personnelle, tout en rapprochant l’art de la vie quotidienne.

Ils furent bientôt connus sous le nom de «Ash Can School» en raison de leur prédilection pour les bas quartiers de New York, avec ses music-halls, ses théâtres et sa vie quotidienne, qui faisaient l’objet de la plupart de leurs tableaux. Ils présentèrent différentes expositions dont le National Arts Club en 1908 et l’Independant Artists’ Exhibition en 1910. Ce fut également Robert Henri qui organisa la fameuse exposition Armory Show.

En 1908, Gertrerde Vanderbilt Whitney qui, en dehors des heures qu’elle consacrait à la sculpture, menait une vie sociale et mondaine très active, fonda le Whitney Studio, galerie d’exposition et lieu de rencontre de nombreux artistes «modernes», qui devint par la suite le Whitney Museum of American Art.

Dans la galerie du photographe Alfred Stieglitz se retrouvaient également de jeunes peintres dont plusieurs avaient découvert le cubisme au cours de leurs études en Europe. Parmi ces «modernes», on comptait Charles Demuth, Stuart Davis, Lyonel Feininger, Charles Shecler, Arthur Dove, Max Weber, Mardsen Hartley, John Marin et Georgia O’Keefe qui épousa plus tard Alfred Stieglitz. Ces artistes amorçaient un courant nouveau, certains par leur peinture symboliste, d’autre, par leur évolution proche du cubisme ou du futurisme. Arthur Dove doit sa réputation à ce qu’il fut le premier vrai peintre abstrait des Etats-Unis.

Avec le peintre photographe Edward SteichenStieglitz fonda la Little Gallery of the Photo-Secession, qui manifestait une rupture éclatante et définitive par rapport aux tendances jusqu’alors dominantes. Stieglitz fut le premier à organiser une exposition d’art enfantin et réalisa surtout la première exposition de sculpture noire. En tant qu’avant-poste de l’art moderne, la Little Gallery devait être remplacee par la Downtown Gallery en 1940.

L’Armory Show de 1913
C’est en 1913 que le public américain fut pour la première fois réellement mis en contact avec l’art moderne européen, à l’occasion de l’exposition organisée du 17 février au I5 mars à l’Armory du 69e Régiment d’Infanterie de la ville de New York, manifestation généralement désignée sous le nom d’Armory Show.

Cette exposition avait pour slogan «The New Spirit» et se proposait avant tout le lancement d’Odilon Redon aux Etats-Unis. 1010 œuvres appartenant à l’école moderne y étaient présentees; elles furent ensuite transportées à Boston et à Chicago.

C’est à cette époque que Stieglitz entreprit de publier une revue intitulée «29l», d’aprés le numéro de l’immeuble de la Cinquième Avenue où était située sa galerie, revue qui devait diffuser les tendances nouvelles de l’art européen et révéler les jeunes peintres américains qui les manifestaient. Ces travaux suscitèrent enfin l’intérêt des collectionneurs américains pour l’art contemporain. Les plus importants d’entre eux, Henry Clay Frick, Andrew Mellon et J.P. Morgan furent à l’origine de ce goût des collectionneurs américains pour l’art moderne européen.

Durant la première Guerre mondiale, des peintres «dadaistes» comme Joseph Stella (qui fut également influencé par le Futurisme italien) et Alfred Maurer réussirent parfois à briser l’indifférence du public. Au cours des années Vingt, un mouvement important tendit à remplacer l’impressionnisme par une école qui devait beaucoup au Cubisme européen et qui fut appelée «Provincial Cubism»; ses représentants les plus célèbres furent Marsden Hartley et Man Ray.

Un peu plus tard, certains peintres se tournèrent vers le «synchromisme» et réalisèrent de grands ensembles géométriques composés de larges aplats de couleur juxtaposés. On comptait parmi eux Morgan RusselStanton MacDonald WrightArthur Burdett Frost etHenry Bruce. En 1916, ils participèrent à une exposition organisée par Willard Wright à l’Anderson Gallery et qui, sous le titre «Forum Exhibition», entendait attirer l’attention du public sur les créations proprement américaines. Il faut cependant remarquer que rien, apparemment, ne semblait relier les mouvements du «Provincial Cubism» et du synchronisme, sinon la commune dénomination de «peinture abstraite» accordée par le grand public.

A la même époque, Charles Hawthorne avait fondé à Provincetown, Massachussets, une école de peinture qui, jusqu’à sa mort en 1930, demeura la plus importante des Etats-Unis. En 1934, Hans Hoffman lui succéda en fondant une autre école, à New York cette fois. Ces deux établissements donnèrent naissance à la Provincetown Art Association qui, chaque été, organise les expositions les plus significatives et les plus intéressantes de tout le pays.

Le premier musée d’art moderne fut créé en 1920 par Katherine Dreier et, en 1929, le New York City Museum of Modern Art fut fondé à partir de la collection particulière de Lillie P. Bliss.

Pendant la période de la Crise économique (1930-1939), l’art américain fut peu à peu porté à la connaissance du grand public et se «démocratisa» en quelque sorte, grâce à la WPA(Works Progress Administration) et au Treasury Department qui envoyèrent des centaines d’artistes travailler dans tout le pays afin de réaliser des peintures murales pour les édifices publics ou des copies d’œuvres anciennes, et d’étudier les différents artisanats locaux. Trois personnalités se distinguèrent assez tôt, Philip EvergoodBen Shahn et Jack Levine qui, tous, se consacrèrent à une représentation réaliste de la vie sociale. L’oeuvre d’Evergood intitulée «American Tragedy» (1937) dépeint les brutalités que la police inflige aux masses. Shahn, qui était également maître dans l’art de la lithogravure, attaquait l’injustice et la tyrannie des autorités et la permanence d’un système de classes. Les subventions accordées par le Gouvernement permirent une décentralisation de la vie artistique et l’accession de nombreuses villes de province au rang de foyers artistiques et culturels. Dans le Middle WestThomas Hart BentonJohn Stuart Curry et Grant Wood s’affirmèrent comme chefs de file de l’école réaliste régionale. Wood (1892-1942) se distingua par sa facture très proche de l’école hollandaise des 15e et 16e siècles; de ses scènes de genre de la vie provinciale américaine, la plus célèbre est certainement «American Gothic», portrait d’un fermier de l’Iowa, avec son épouse.

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