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Facebook, « Person of the year » sur Time Magazine

En 2010, Time a sélectionné un jeune entrepreneur qui, en quelques années, a su tisser une toile invraisemblable d’amis à travers le monde : Facebook. Son nom : Mark Zuckerberg. Malgré son jeune âge ( il est né en 1984, l’année de la sortie du premier Macintosh) il n’est pas le plus jeune des élus « Person of the Year ».

Par André Girod

Le grand magazine américain «  Time », depuis de nombreuses années, suit la tradition de choisir la personne qui semble avoir le plus marqué l’année qui se termine.

En 2010, Time a sélectionné un jeune entrepreneur qui, en quelques années, a su tisser une toile invraisemblable d’amis à travers le monde : Facebook. Son nom : Mark Zuckerberg. Malgré son jeune âge ( il est né en 1984, l’année de la sortie du premier Macintosh) il n’est pas le plus jeune des élus «  Person of the Year ».

Le plus jeune l’est resté depuis le lancement de ce trophée, bien américain, en 1927 : c’est Charles Lindbergh. A son arrivée mouvementée à Paris, le Bourget, le 21 mai 1927, après une traversée en solitaire de 33 heures, 30 minutes, il avait vingt cinq ans. Mark en a 26 !  Devant son invraisemblable exploit de traverser l’Atlantique sur un avion fait de toile, de bois et de fil de fer, Charles Lindbergh était devenu l’un des plus audacieux aventuriers de l’histoire de l’Humanité. C’est, en plus du personnage, surtout l’exploit qui avait marqué tous les esprits et que Time lui conféra le titre de «  Man of the year ».

Il est étrange qu’en cette année 2010, la «  Person of the Year » soit un peu le même type de personnage récompensé : presque même âge, influence considérable sur la société, Lindbergh ouvrant les vols transatlantiques et Zucherberg, la communication de la globalisation.

Que s’est-il alors passé dans la parenthèse de ces deux jeunots Lindbergh (rimant avec) Zuckerberg ?

Un peu de tout selon le titre du film : «  Le bon, la brute et le truand » !

En consultant la liste depuis 1927, on s’interroge sur la définition et les critères utilisés pour choisir ce personnage qui, aux yeux du conseil d’administration de Time, semble avoir joué un rôle important dans le monde. Et l’on est étonné de trouver un Pierre Laval en 1931 ! Qu’avait pu contribuer Pierre Laval, le collabo du gouvernement de Vichy,  au bonheur de l’humanité ? En cette année-là, le millionnaire Laval, Maire d’Aubervilliers, socialiste et roi des médias ( radio) avait été nommé président du Conseil (genre premier ministre) du gouvernement du président Gaston Doumergue.

Time devait être à court de candidats pour avoir nommé un homme tout à fait insignifiant, opportuniste et qui vendit lâchement son pays aux Nazis !

Pierre Laval fut le seul français sur la couverture de Time Magazine avec de Gaulle. Comme quoi la vision de la France de nos amis américains est assez restreinte et que l’idée qu’ils ont de la politique française apparaît comme différente de la nôtre.

Mais il y eut la brute : Adolf Hitler eut aussi droit à l’honneur d’être nommé «  Man of the Year » en  1938, la veille de la deuxième guerre mondiale qu’il déclencha l’année suivante. Comme quoi être choisi comme le personnage le plus important de l’année n’est pas forcément l’indication que c’est ( ou sera) le plus humanitaire au service de la planète. Il faut donc penser que ce sera celui qui aura le plus d’influence ( faste ou néfaste) sur le cours de l’Histoire. Avec ce critère, Hitler, Staline et peut-être Laval méritaient leur place sur le podium des personnages du 20e siècle.

Si l’intitulé est à présent « Person of the Year » au lieu de «  Man of the Year », c’est que les femmes peuvent accéder à la plus haute marche, style élection « Miss Universe ». Etrangement, la première qui apparut sur la fameuse couverture ( 1936) fut une femme de « mœurs douteuses » surtout pour l’époque et qui fit scandale en Angleterre : Wallis Warfield Simpson, américaine divorcée qui épousa celui qui aurait dû rester roi : Edward VIII. Elle représentait aux yeux des Américains une nouvelle race de femmes : mariée, divorcée, indépendante, riche qui se moquait un peu des convenances des années trente. Mais pour l’Angleterre encore bien coincée, il ne pouvait y avoir une reine divorcée.

Wallis fait partie d’un minuscule contingent de « persons » qui ont soit disant un rôle important en notre monde. L’ironie veut que la dernière «  nominée » ait été la « Queen Elizabeth » en 1952. Sur 87 icônes de la notoriété vue par Time, il n’a que 4 femmes ! Nous sommes encore dans un monde terriblement macho ! La femme aux fourneaux et à s’occuper des gamins !

Time essaye de se rattraper par un prix de gros en 1975 et nomme comme « persons of the year », les «  American Women » qui inclut joueuse de tennis, femmes d’affaires, épouses de politiques. Un vaste ratissage qui fait que les douze femmes choisies ne valent  qu’un seul homme !

Il faut ajouter que Time donne aussi priorité aux citoyens américains : 54 sur 87 !

Mais en 2010, le fondateur de Facebook a reçu l’oscar de la «  renommée mondiale ». Il le mérite aux dires de Time, parce qu’il a su en très peu de temps, relier plus de 700 millions d’internautes qui, par cette vaste toile d’araignée, peuvent communiquer entre eux. Invention extraordinaire, née d’élucubrations hallucinantes et d’un besoin de savoir qui était qui et où était qui. Un peu perdu sur la couverture, Mark Zuckerberg semble regarder dans le vide. Il n’a pas encore perçu l’étendue de sa réalisation ni de son impact sur le monde des médias. Avoir son profil sur Facebook, c’est soudain sortir de l’anonymat de son village, voir ses intentions, ses rêves, ses remarques se balader aux quatre coins de la terre et de constater que soudain une flopée d’amis colle à votre  matricule. Puis en lançant une suggestion, vous êtes agglutiné comme des abeilles dans une ruche et les bourdonnements deviennent intenses. Jeter une bouteille à la mer, ce que faisaient des désespérés à la recherche d’une âme sœur, a été remplacé par vider, dans l’océan, toute une cargaison de bouteilles plastique qui viendront s’échouer sur les rivages de solitaires plus ou moins animés de bonnes intentions. C’est multiplier par des millions l’intensité de l’écho d’une grotte.

Oui ce cher jeunot mérite d’être élu comme le jeune le plus représentant de son temps. Par des détours de l’imagination et de la technologie avancée, ce qui semble totalement abscons à un simple mortel comme moi, il a formé un immense cahier d’adresses dans lequel n’importe qui peut puiser.

Comment l’utiliser, que peut-on y trouver et quels bénéfices peut apporter cette chaîne de l’amitié ? A chacun son expérience et  son utilisation ?

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