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Réchauffement Climatique, « Alarmists » contre « Skeptics »

Réchauffement Climatique, « Alarmists » contre « Skeptics »
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Essayer de faire le jour sur les multiples arguments qui se balancent dans les conférences et émissions télévisuelles est une tâche presque impossible. Mais pour éclairer le lecteur devant la masse de plus en plus importante d’ouvrages qui sortent sur le sujet – et celui-là n’en est qu’une infime participation – passons les troupes en revue.

Par André Girod

Les querelles de palais ont toujours expliqué les temps difficiles de l’Histoire. D’une génération à l’autre, les circonstances diffèrent, les mentalités évoluent et l’avenir n’a pas du tout la même texture pour tous.

C’est ce qui se passe à l’heure actuelle : une dispute, une polémique, un conflit entre les anciens et les modernes, une guerre de religion qui cette fois-ci, touche les écologistes et les écosceptiques.

Cette lutte pour établir de nouvelles normes pour préserver l’avenir, n’est pas nouvelle mais elle prend un caractère particulier depuis le début de ce nouveau siècle. L’affrontement est rude puisqu’en jeu, pour certains, est l’existence même de la race humaine. Elle fait face à un danger, selon les écologistes purs et durs, comme jamais dans l’histoire de l’Humanité.  Au bout du XXIe siècle, la question est de savoir si l’homme par ses abus, ne se sera pas auto-détruit et si c’est le réchauffement climatique qui rendra la terre stérile comme d’autres planètes le sont devenues.

 

Ce combat qui devient sans merci, a véritablement commencé aux Etats-Unis. Ce qui se passe en Europe en matière d’écologie n’est que du copié/collé, un ersatz des arguments développés en Amérique. Il est normal que cette polémique ait pris naissance aux Etats-Unis puisque ce pays est le plus gros pollueur de la planète, le plus important consommateur d’énergie et le royaume du gaspillage et des déchets systématiques.

 

Essayer de faire le jour sur les multiples arguments qui se balancent dans les conférences et émissions télévisuelles est une tâche presqu’impossible. Mais pour éclairer le lecteur devant la masse de plus en plus importante d’ouvrages qui sortent sur le sujet – et celui-là n’en est qu’une infime participation – faisons le tour des troupes.

 

La plupart de ces livres importants sont en anglais et beaucoup ne sont pas traduits. Je soumettrai le nom des antagonistes et le titre original de leurs œuvres qui servent de piliers à leur confrontation.

 

Commençons par ceux qui tirent la sonnette d’alarme : les «  alarmists » comme ils sont appelés par la presse américaine. Tout a commencé par quelques réflexions provenant d’un constat : il y a dérèglement climatique.  Le mot «  dérèglement » semble, aux yeux de Ban Ki-Moon, le Secrétaire Général des Nations-Unies, préférable à « réchauffement ». C’est cette expression qu’il utilise quand il parle du problème. « Dérèglement » n’est pas forcément «  réchauffement », il peut inscrire des périodes de basse température. Donc beaucoup de scientifiques  préfèrent maintenant parler de changements climatiques et tous sont d’accord pour reconnaître qu’il y a en effet des changements dus à des modifications de certains éléments de la nature : couche d’ozonequantité de CO2 dans l’atmosphère, évolution de certains paysages.

Mais le coup de semonce qui se répercuta à travers le monde scientifique et poussa l’organisation des Nations-Unies  en 1988 à établir une commission de surveillance, fut le rapport de Dave Keeling. Cette commission porte le nom de IPCC  (Intergovernmental Panel on Climate Change). En français GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat. Dans aucune des deux appellations, il n’est question de réchauffement, seulement de changement (évolution).  C’est la faille dans laquelle s’engouffrent les « Skeptics » qui admettent des changements mais pas forcément dans le sens des «Alarmists ».

 

Qui était ce Dave Keeling qui, par un rapport publié en 1960, mit le feu aux poudres ?

Comme étudiant à l’Université Northwestern à Evanston, près de Chicago, Illinois, Dave obtint un Doctorat en chimie en même temps qu’un autre « alarmist », Wallace C. Broeker. Mais à la lecture d’un livre « Glacial Geology and the Pleistocene Epoch » –  Géologie glaciaire et l’époque Pléistocène – il changea son fusil d’épaule et refusa de se laisser enfermer dans un haut poste de responsabilité dans le monde industriel. Il partit vers l’Ouest, ce territoire qui a fasciné tellement de pionniers. Il établit un camp dans la forêt de séquoias en mai 1955 pour mesurer la différence de production de CO2 entre le jour et la nuit. Puis il se déplaça dans notre célèbre Parc Yosemite pour faire les mêmes calculs. Ses observations lui montrèrent que la concentration de doxyde de carbone CO2) était moins élevée la journée puisque les plantes, par photosynthèse, absorbait plus de CO2 que la nuit quand ce phénomène s’arrêtait, faute de lumière. Il fit une autre découverte surprenante : le taux dans l’air variait aussi selon le terrain et l’environnement dans le même parc. Il allait de 150 particules par millions à 350 PPM.

En 1958, Keeling commence ses recherches à l’observatoire sur la pente nord du Mauna Loa à Hawaï. Situé à une altitude de onze mille pieds ( 3600 mètres), le lieu est idéal, loin de zones industrielles. Ses mesures l’inquiétèrent parce qu’elles variaient de 315 PPM en mai à 310 PPM en novembre. Il devait se tromper. Mais quand à nouveau le taux de CO2 augmenta en décembre, il comprit qu’il y avait un cycle saisonnier dans l’émission de CO2. La courbe aurait alors dû être sinueuse mais constante sur un graphique. Mais il observa que le point de départ d’une année sur l’autre n’était pas le même. En réalité le point de départ était toujours plus haut que celui de l’année précédente, établissant ainsi une montée du taux de gaz carbonique régulière au cours des années. D’où la fameuse courbe qu’il publia  un peu avant sa mort dans un accident dans le Montana. La courbe avait des fluctuations saisonnières mais tout en grimpant sur le graphisme. Le taux de CO2 inexorablement s’élevait d’une année sur l’autre. La courbe devint connue sous le nom de «  Keeling curve » ou « Hockey stick curve». En effet la courbe prenait la forme d’une crosse de hockey qui se dresse droite sur le manche.

 

 

A présent sous forme de graphismes, de courbes ascendantes, de textes abscons et d’explications parfois souvent vaseuses, l’homme tente d’alerter son prochain du danger imminent qui guette l’Humanité. Malgré cet aspect scientifique que veulent donner les  « alarmists », la leçon a du mal à passer. Par de grands effets de manches et des tonnes de statistiques présentes et passées, ils tentent d’apporter la preuve que notre planète est menacée.

 

Les titres, en anglais, tombent dans le mélodrame le plus vicieux et l’on a l’impression en les parcourant, de vivre un film d’horreur !

 

L’un des premiers livres à alerter l’opinion a été écrit par Wallace S. Broecker et le journaliste Robert Kunzig. Wallace S. Broecker est professeur des sciences environnementales à la prestigieuse université américaine de Columbia à New York. Il a obtenu le prix Balzan en 2008 pour son œuvre sur la science du changement climatique. Une grosse pointure dans ce domaine. Donc, en 2008, Robert Kunzig publie une biographie sur Broecker : « Fixing climate » avec un sous titre «  What past climate changes reveal about the current threat- and how to counter it »

« Régler le climat : ce que les changements climatiques précédents nous révèlent sur la menace actuelle et comment la contrecarrer. »

 

Broecker a connu Keeling et part de cette fameuse courbe en bâton de hockey pour baser sa théorie du changement climatique. En 1987, il publie un article dans le magazine américain «  Nature » dans lequel il exprime son inquiétude sur le changement climatique. Parmi les nombreux exemples, il cite le Groenland et ses glaciers qui fondent, l’Antarctique dont la calotte glaciaire disparaît, la montée inexorable des eaux qui menacent le Bangladesh 

 

Un exemple lui vient en tête : la « Tasman Valley », dans les « South Alps » de Nouvelle Zélande, au fond de laquelle se trouve le « Tasman Glacier ». Il utilise les observations de George Denton, pilote d’hélicoptère dans la région depuis de nombreuses années, qui a constaté la réduction de la surface du glacier en trente ans. Cet exemple est mis dans le chapitre : «  Why worry » ( Pourquoi s’inquiéter ?)

 

Or il se trouve que je connais bien cette région et que je suis, à plusieurs reprises, allé sur le glacier. Mon premier atterrissage sur le glacier eut lieu le 18 octobre 1961 avec un avion équipé de skis. Depuis le sommet, on voyait toute la vallée et le glacier majestueusement descendait jusqu’à la Rivière Tasman. Il n’y avait pas de trace de lac. Mais en 1965, une cavité s’est creusée au pied du glacier pour former un lac qui depuis s’est considérablement élargi. Par contre le glacier diminuait et reculait. La glace qui fondait alimentait le lac.  En 1980, à un autre de mes passages, il était évident, en grimpant la vallée jusqu’au pied du glacier et en l’escaladant, que le paysage de 1960 avait considérablement changé.

 

Ce genre d’argument basé sur des constatations de visu ne peut que renforcer l’inquiétude des scientifiques puis des gouvernements qui ont décidé d’étudier le problème et de chercher des solutions pour enrayer cette catastrophe qui se pointe.

 

Broecker dans son livre fait des propositions de solutions que nous étudierons dans un autre chapitre.

 

Un autre volume sur le changement climatique s’appelle : «  The last hours of ancient sunlight », sous-titre : «  The fate of the world and what we can do before it’s too late

« Les dernières heures d’une lumière ancienne »- «  Le sort du monde et ce que nous pouvons faire avant qu’il ne soit trop tard »),

 

Thom Hartmann lance un appel désespéré aux terrestres pour qu’ils prennent conscience du danger qui les guette. Depuis plus de vingt ans, Thom fait connaître ses inquiétudes en parcourant le monde et en parlant à des centaines de milliers de personnes pour faire passer son message. Puis à la télévision, sur les ondes, il martèle qu’il y encore de l’espoir si des décisions sont prises à temps.

 

Un autre écrit sollicite notre attention : «  The bridge at the edge of the world » de James Gustave Speth avec comme sous-titre « Capitalism, the environnment, and crossing from crisis to sustainability ». ( « Le pont  du bout du monde – Capitalisme, environnement et passage de la crise à la durabilité »).

 

Encore une personnalité importante dans le monde de l’environnement : il est doyen de l’Ecole des Forêts et des Etudes environnementales à la renommée Université de Yale. Il vient de recevoir du Japon le prix de la « Blue Planet » pour sa contribution aux problèmes de climat et pour sa recherche de solutions.

 

Il apparaît dans ses  livres que son combat est comme cette croissance folle qui pousse l’homme à tout détruire sur son passage pour des gains personnels et une amélioration des conditions qui, dans le monde occidental, mène aux plus scandaleux excès. Les exemples qu’il cite sont tirés des multiples rapports d’organisations  qui dénoncent à grands cris l’inégalité flagrante entre les nations riches et les régions sous-développées. L’exploitation des uns par les autres. La terrible pollution  des pays industriels qui jusqu’à maintenant ne se sont souciés que de productivité, taux de croissance et ont ignoré les conséquences de leurs politiques.

 

Pour n’en citer que quelques uns : d’abord, ce que nous avons vu déjà, l’accroissement exponentiel de la population. La domination de l’économie de marché et une « growth » ( croissance) dangereuse. La consommation occidentale qui commence à déteindre sur les pays qui montent ( Chine, Inde, Brésil). Le capitalisme déchaîné qui n’a ni foi ni loi sinon celle du profit. L’émission de CO2 qui a augmenté de 22% entre 1980 et 2000. Depuis 2000, un taux d’augmentation trois fois plus élevé. Les 1,6 millions d’enfants qui meurent chaque année de l’eau polluée. Enfin, car la liste est très longue, 15% de la population ( surtout les Etats-Unis) émettent 45% de CO2.

 

Hartmann puise ses sources chez tous les «  Alarmists » à travers le monde :

Milton Friedman (USA) : «  Seulement une crise apporte des changements. »

Richard A. Posner ( USA) : « Catastrophe : Risk and Response. » ( Catastrophe : risque et réponses.)

Martin Rees ( Grande-Bretagne): «  Our Final Hour : How Terror, Error and Evironmental Disaster Threaten Human kind’s Future ».(  Notre dernière heure : comment la terreur, l’erreur et le désastre environnemental menacent le sort de l’Humanité.)

«  The odds are no better than fifty-fifty that our present civilization on earth will survive to the end of the present century. »  ( Les chances sont de cinquante-cinquante que notre civilisation présente survive jusqu’à la fin du siècle présent.)

Jared Diamond ( USA): «  Collapse : « how societies choose to fail or succeed. »

Comment les sociétés choisissent d’échouer ou de réussir)

James Lovelock (Grande Bretagne) : «  The Revenge of Gaia : Why the Earth is fighting back and how we can still save Humanity. »( La vengeance de Gaia : pourquoi la Terre se défend et comment nous pouvons encore sauver l’Humanité.)

James Howard Kunstler ( USA): «  The long Emergency : surviving the end of oil, climate change, and other converging Catastrophes of the Twenty-first Century. » ( L’urgence : survivre la fin du pétrole, le changement climatique et autres catastrophes du 21e siècle qui s’annoncent)

Colin Mason ( Australie) : «  The 2030 Spike : The Countdown to Global Catastrophe. »

( Le pivot de 2030 : le compte à rebours vers la catastrophe globale.)

James Hansen (USA): «  State of the Wild : perspective of a climatologist. »  ( Bilan de l’état sauvage : perspective d’un climatologue.):

«  Our home planet is now dangerously near a «  tipping point ».  ( Notre planète est dangereusement proche du tournant final)

Al Gore ( USA) : «  Inconvenient truth ». ( La vérité qui dérange.)

 

Plusieurs remarques :

D’abord linguistiquement : la prédominance dans ce domaine de l’anglais. Aucun de ces auteurs ne citent le moindre écrit en français provenant d’un de nos scientifiques ou d’un de nos «  alarmists ». C’est démontrer le peu de cas fait de la France et de
sa langue. Comme la race humaine, le français court à sa perte et je l’ai démontré plusieurs fois dans mes écrits. Les Hulot, Voynet ou Arthus-Bertrand ne sont que des point-virgule dans l’encyclopédie de l’humanité !

 

A lire tous ces écrits ( en anglais, puisqu’il n’y a aucune traduction) , j’ai envie de faire comme les employés de France-Télécom : sauter par la fenêtre d’un vingtième étage !

 

Mais comment me classer dans la nomenclature de James Gustave Speth :

Résignation : tout est perdu !

Providence divine : c’est entre les mains de Dieu.

Refus : où est le problème ?

Paralysé : c’est trop insurmontable !

Passif : cela ira, on s’en tirera !

Détournement : ce n’est pas mon problème !

Solutionist ( en anglais) : on peut et on doit trouver des réponses !

 

Speth est évidemment, et il le clame très haut, de la dernière catégorie : on verra les solutions qu’il propose plus loin.

 

Pourtant il apparaît un effort de la part de nombreux scientifiques pour essayer de garder la tête froide : il y a lieu peut-être de s’inquiéter mais la méthode utilisée par les « Alarmists » commence à avoir un effet contraire. A force d’alerter la population  (genre trop souvent crier au loup !) et de présenter des solutions draconiennes qui ne peuvent être qu’injustes et dirigées uniquement contre la grande majorité des êtres humains : les pauvres, les classes basses, tous ceux qui souffrent déjà de la misère du monde, il y a un retour du bâton.

 

L’un de ces livres porte excellemment son titre : « An appeal to reason : a cool look at global warming » ( Appel à la raison : un regard cool sur le réchauffement climatique) par Nigel Lawson.

 

A part le jeu de mots du titre, il y a matière à réfléchir. Abandonnons cette attitude frénétique, ralentissons cette hystérie de panique qui ne peut conduire à rien. Il y a une augmentation considérable des euro sceptiques, des scientifiques qui mettent en doute la gravité «  alarmist » de ceux qui crient au feu.

 

Nigel Lawson, Lord Lawson of Blaby, éditeur du « Spectator » est devenu parlementaire conservateur et a été ministre de l’Energie dans le gouvernement Thatcher. Un comité qu’il établit en 1992 produisit un rapport substantiel sur «  Economics of climate change » qui résumait les tenants et aboutissants de cette crise. Evidemment les euroécologistes vont faire prévaloir le côté conservateur donc, à leurs yeux, réactionnaire, de l’individu mais il est normal de donner la parole à tous les protagonistes.

 

Il commence par une citation de Schopenhauer ( Die Kunst Recht zu Behalten) qui vaut la peine d’être recopiée car elle peut être universelle.

«  Il n’y a pas d’opinion,  même absurde, que les hommes ne sont pas prêts à adopter du moment qu’ils sont convaincus qu’elle a été généralement adoptée. »

 

En un mot, toute opinion même absurde voire dangereuse sera adoptée par l’homme si elle est suffisamment propagée. Nous l’avons vu à de multiples reprises : un message de terreur créera un climat de terreur qui apportera un régime de terreur. La peur des Juifs mènera au Nazisme. Est-ce que la peur du réchauffement climatique peut conduire à un régime de terreur de la part des écologistes purs et durs ? Nous le verrons plus loin que c’est une très grande possibilité !

 

Dans son livre, toutes les données connues provenant d’études scientifiques des cent dernières années sont reprises pour étayer sa thèse. Ainsi le font les Alarmists et les Skeptics, qui en jouant avec les chiffres parviennent à des conclusions diamétralement opposées. C’est le jeu normal des chiffres et des statistiques.

 

Une anecdote pour indiquer que les chiffres n’ont pas la même représentation pour tous. C’est le combat habituel entre gouvernements et syndicats dans le monde où chacun y cherche et TROUVE la substance pour défendre ses arguments.

 

Prenons cette anecdote : pendant longtemps je m’occupai d’enfants de 10 ans, français et américains dans un programme appelé : classes franco-américaines. Un jour je réunis deux classes, l’une française et l’autre américaine pour montrer les différences dans la résolution des divisions. Elles étaient rédigées différemment mais donnaient les mêmes résultats. Or j’eus l’idée d’écrire au tableau le chiffre 80 et de leur dire que c’était la vitesse de papa sur la route. La réaction fut diamétralement opposée comme je m’y attendais. Le chiffre avait une signification et une conséquence farouchement contraires pour chaque groupe : les Américains étaient devenus les «  Alarmists », ils secouaient la tête de désespoir, criaient au scandale, prévoyaient la prison sinon la mort. Les Français étaient les «  Skeptics » et se tordaient de rire par terre en se tapant dans le dos. Ils rigolaient, plaisantaient, s’esclaffaient qu’il fallait retirer ce danger de la route !

 

Pourquoi ?

 

Chacun avait ajouté au chiffre 80 une mesure typique de son expérience et de sa culture : les Américains pensaient à 80 miles ( soit  130 km/h) sur une route alors que la vitesse est limitée à 55 miles ( 90 km/h). Ils voyaient l’horrible accident, la fin du monde pour le père ! Les Français au contraire lisaient 80 kilomètres, vitesse d’un pépé à la retraite alors que la vitesse est limitée à 130 km/h sur autoroute. Le danger existait mais provenait de la vitesse réduite.

 

C’est ce qu’explique Nigel Lawson dans son livre :

« The single most serious flaw in the IPCC’s analysis of the likely impact of global warming is its grudging and inadequate treatment of adaptation which leads to a systematic exageration of the putative cost of global warming. » ( Le plus sérieux défaut dans l’analyse de l’IPCC ( GIEC en français) sur le réchauffement climatique est son traitement  brouillon et inadéquate de l’adaptation ( de l’homme) qui conduit à une exagération systématique du coût punitif du réchauffement climatique.)

 

Et il reprend point par point toutes les données qui soit disant mèneraient la race humaine vers son apocalypse ou Armageddon. Il termine par se poser la question sur l’importance du sacrifice demandé  alors que les prévisions ne correspondent pas tout à fait à la réalité. C’est la question que les « skeptics » soulèvent constamment devant la ruée de pronostics accablants lancés par les «Alarmists ».

 

Il compare l’écologie, dernier cri, à une nouvelle religion éco-fondamentaliste qui présente des dangers à trois niveaux :

–       Ces attaques constantes nourrissent une intolérance envers ceux qui émettent des objections et leur raisonnement est dangereux. La tentative de la Royal Society ( à Londres), devenue ultra fondamentaliste, d’entraver le financement  de groupes ou d’organisations qui ouvertement mettent en doute les résultats des  « alarmists », empêchant ainsi un équilibre des arguments présentés au grand public. Menace sur la carrière de jeunes scientifiques et des politiciens qui n’adopteraient pas leur dogme.

–       Les gouvernements européens se laissent emporter par une émotion rhétorique et médiatique ( exemple: la mascarade de la signature du pacte écologique  de Hulot par les politiciens de tous bords) qui imposerait des mesures drastiques qui toucheraient fortement l’économie du pays ( augmentation du chômage, inégalité encore plus forte entre les riches et les pauvres).

–       Le plus grand danger vient surtout d’un colonialisme « vert », relent de ce que connurent les pays sous développés pendant des siècles sous la férule de l’occident : empêcher les pays pauvres de se développer et ainsi d’accroître la production néfaste de CO2, les maintenir en l’état.

 

En un mot, il craint l’établissement d’une dictature pire que celles que nous avons déjà connues.

 

Les « Alarmists » et les « Skeptics » sont comme ces gosses de 10 ans : ils interprètent les chiffres à leur manière et les transforment en arguments massifs pour faire prévaloir leurs opinions.

 

Pourtant ce n’est pas dans les livres à caractère scientifique ou parfois pseudo-scientifique que je me plais à plonger. Ils sont de loin trop complexes et surtout trop dramatiques pour en tirer une substance raisonnable. Je suis donc tombé sur l’un des livres les plus populaires aux Etats-Unis : « Freakonomics » de Steven D. Levitt et de Stephen J. Dubner. Cet ouvrage  incroyablement amusant et étrange est suivi du : « Super freakonomics » qui nous intéresse particulièrement puisqu’il a un chapitre intitulé «  Global Cooling » ( refroidissement global) coincé entre « Patriotic prostitutes » ( prostituées patriotes) et «  suicide bombers should buy life insurance » ( les kamikazes devraient acheter une assurance).

 

Le chapitre 5 qui parle du «  global cooling » porte un titre devinette : «  What do Al Gore and Mount Pinatubo have in common ? » ( Qu’est-ce qu’Al Gore et le Mont Pinatubo ont en commun ?)

Je rappelle que le mont Pinatubo est un volcan en Indonésie qui, le 15 juin 1991, déversa son nuage de poussière dans l’atmosphère ( un peu comme dernièrement le volcan islandais qui sera mentionné plus loin) puis explosa, déchargeant plus de 20 millions de tonnes de dioxyde sulfurique à plus de 30 kilomètres atteignant la stratosphère.

 

Auparavant Levitt, parmi de nombreux conseils, suggère de manger de la viande de kangourou au lieu du bœuf car les pets de kangourous contiennent moins de méthane que ceux du bœuf, avec la possibilité de greffer des estomacs de kangourous chez les vaches !

 

Il rappelle aussi que dans les années 70, le danger était celui d’un refroidissement terrestre !

 

Revenons à nos deux moutons : Al Gore et Pinatubo ! A la suite de cette violente éruption, la température du globe avait baissé de 1 degré Fahrenheit, soit 0,5 degré Celsius. Effet que recherche Al Gore dans sa campagne mondiale contre le réchauffement climatique. Alors Levitt suggère que l’homme organise à intervalles réguliers des éruptions volcaniques de grande ampleur qui apporteraient la solution tant rêvée des écologistes ! Et il cite le cas de Nathan Myhrvold, l’ancien responsable de la technologie de Microsoft. C’est un peu le professeur Nimbus qui lance des idées hautement farfelues pour améliorer la condition humaine. Il s’est installé dans un vieil hangar à Bellevue, dans l’état de Washington à deux pas de Seattle, siège de Microsoft. Devenu très riche grâce à son paquet d’actions, il se consacre à la recherche pure.

 

Alors pourquoi, propose-t-il, ne pas projeter dans l’atmosphère une quantité énorme de dioxyde de soufre avec l’aide d’une «chimney in the sky » ( cheminée dans le ciel) de 18 kilomètres de haut, au-dessus de l’Arctique, ce qui aurait pour effet de ralentir voire d’arrêter la fonte des glaces. Le coût a même été calculé à moins de 50 millions de dollars ! Cette manœuvre compenserait ou équilibrerait les 70 millions de tonnes de pollution que notre héros écologiste Al Gore réclame de supprimer tous les jours.

 

Al Gore, devant cette incroyable solution a dit : «  In a word, I think it’s nuts ! » ( en un mot, je pense que c’est con !).

 

Et ce qu’il y a de remarquable chez Levitt, c’est qu’il utilise un exemple puisé dans le monde scientifique pour appuyer son argument tout en se moquant de ce monde qu’il connaît bien : les sciences. Il cite le cas du Docteur Semmelweis qui réussit à Vienne dans les années 1847-48 à sauver des milliers de mères et d’enfants lors des accouchements. Comment ? La mortalité enfantine et les décès de mères étaient considérables à l’époque. Ce brave docteur s’aperçut que les décès étaient plus nombreux lorsque les médecins assuraient les accouchements après avoir fait des autopsies. Pour la simple raison qu’ils ne se lavaient pas les mains ! Alors il demanda d’imposer cette règle d’hygiène élémentaire à tous les médecins qui pratiquaient des autopsies. Et le taux  de mortalité baissa considérablement.

 

C’est ce que dit Levitt : une idée simple mais faisable d’un point de vue technologique peut changer la face du monde !

 

Maintenant nous abordons le monde des «  Skeptics ».

Heureusement que les Etats-Unis gardent raison et au sein de la société civile et scientifique, les interrogations se font en plein jour sans être l’attaque violente des uns ou des autres. Je sens que l’on va commencer à me reprocher de mettre trop en avant la liberté que l’on rencontre aux Etats-Unis mais c’est un fait reconnu par tous ceux qui y vivent ou y ont vécu !

Evidence de la discussion qui s’ouvre dans la sérénité :

«  A smoking gun or just hot air ? » ( Preuve incontestable ou du vent ?), article du grand magazine US News and World Report d’Avril 2010, le même mois de toutes les attaques portées contre Claude Allègre en France !

«  Climategate reflects the changing debate over global warming. » ( Climategate montre le changement du débat sur le réchauffement climatique).

 

Deux points d’explication : le suffixe «  gate » adopté dans la langue française est pris du «  Watergate », scandale qui mena à la déchéance du président américain Richard Nixon, ce qui ne se verrait jamais en France ! «  Gate » veut donc dire «  scandale » d’où le scandale de l’affaire du climat.

 

Qu’est-ce que ce scandale ? Des courriers électroniques ont été piratés dans les ordinateurs des plus farouches partisans de la thèse du réchauffement climatique qui montraient que les chiffres avaient été délibérément truqués pour apporter des preuves irréfutables à leurs prévisions et ainsi faire pression sur les gouvernements pour prendre des mesures drastiques. Bien sûr les scientifiques se défendirent comme de beaux diables indiquant que ce n’étaient que de simples erreurs.

 

«  Des glaciologues ont mis en évidence une erreur dans le tome 2 du 4e rapport du GIEC sur page 1/17, l’évolution du climat concernant le devenir des glaciers de l’Himalaya. » cite la lettre ouverte des 400 scientifiques ( Libération du 1er avril, 2010). » et la lettre continue : «  Le GIEC a publié un «  mea culpa ». »

 

Trop tard ! La nouvelle avait fait le tour du monde et les «  skeptics » s’en saisirent pour prouver leur point : le GIEC ment pour accentuer la peur qu’il propage sur le grand public.

 

C’est ce que dit US News et World report d’avril 2010 :

«  Earlier, there was a consensus that climate change was a serious problem. » ( Plus tôt, il y avait consentement que le changement climatique était un problème sérieux.)

Et les sondages, d’après le magazine américain, montrent que le scepticisme s’empare du public. L’effet de surprise et le lancement du mouvement de terreur avaient de moins en moins d’effet sur les gens.

 

« For years, scientists have warned that human-generated greenhouse gases were behind global warming and have predicted catastrophic conséquences. Still, many have scoffed, especially so-called climate E-mails suggested some date may have been manipulated. Consensus is no such thing. »

( Pendant des années, les scientifiques avaient prévenu que les gaz à effet de serre produits par les hommes étaient la cause du réchauffement climatique et avaient prédit des conséquences catastrophiques. Pourtant beaucoup ont douté surtout après les e-mails qui suggéraient que certaines données avaient été manipulées.)

 

Et le coup de grâce : «  The world’s leading climate scientists acted like political scientists with an agenda ! » (Les scientifiques spécialistes du climat ont agi comme des politiciens avec un agenda.)

Le plus important journal américain, USA Today dans son édition du 11 mars 2010 pose carrément la question en première page :

«  Is the global warming movement cooling ? » ( Est-ce que le mouvement du réchauffement climatique se refroidit ?) Avec le jeu de mot approprié !

Walter Russell Mead, membre puissant du Comité des relations extérieures du Gouvernement Fédéral écrit que « les événements récents sonnent la mort du mouvement du réchauffement climatique ! »

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