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Big US trucks – Les Camions Américains

Big US trucks – Les Camions Américains
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C’est avec admiration que les touristes suivent l’évolution des « Freightliners », des « Peterbilt », des « Mack  » , des « Volvo »… Ces poids lourds de la route deviennent une attraction aux arrêts, lorsque vous les croisez et quand ils vous doublent.

Par André Girod

Cedar Rapids, perdu au cœur des grandes plaines du Midwest, planté au milieu des champs de maïs, nous réserve de nombreuses surprises. Cedar Rapids is full of surprises !

 

Nous avons vu Coe College, les grandes usines Collins, il y a aussi Qaker Oats, le roi des céréales et l’une des plus importantes compagnies de transport routier : CRST. La ville est un peu au centre des Etats-Unis et cette location est stratégique pour le transport routier. De Cedar Rapids, les camions partent vers les quatre points cardinaux et peuvent ainsi, en changeant de chauffeur dans l’Iowa, faire un New York – San Francisco en six jours maximum. La proximité de la HWY 80, la route la plus rapide entre l’Est et l’Ouest, a aidé au développement de cette société.

Le quartier général est proche du centre et tous les jours des centaines de camions se dirigent vers tous les états américains ( y compris l’Alaska). CRST possède 1 700  « Tractor cabs » tracteurs avec cabine et 2500 «  truck trailers » remorques  et «flatbeds » conduites par 600 chauffeurs.. Un « trailer » est une remorque fermée et sécurisée, un « flatbed » est une remorque plate pour transporter des objets volumineux : équipement de terrassement, tubes métalliques, matériel de construction.

Une compagnie à l’échelle américaine puisque c’est l’une des plus importantes aux Etats-Unis.

CRST a commencé en 1955 pour transporter surtout l’acier qui sortait des usines du sud de Chicago. Elle s’appelait Cedar Rapids Steel Transport, CRST et assurait les services des aciéries de Chicago. Elle s’étendit peu à peu à tous les types de transport en 1963.

En 1973, J’ai eu l’occasion de faire une virée de plusieurs jours avec l’un des chauffeurs dont j’avais le fils dans mes cours : Cedar Rapids- Memphis aller et retour ( six cents miles aller : 900 kilomètres), chargé de matériel de bureau. Le long de la HWY 55 ( que les routiers appellent «  double nickel », un nickel est une pièce de 5 cents),nous roulions souvent au-delà de la vitesse autorisée : 55 mph ( 55 miles per hour : 80 km/h). Le chauffeur communiquait avec les autres chauffeurs montants ou descendants qui signalaient alors les pièges tendus par la police d’état ( State police).  Ils annonçaient : «  Kojac with a Kodac ! ». « Kojac » était à l’époque une série policière télévisée et l’inspecteur principal s’appelait Kojac. Le rôle était joué par le chauve Telly Salavas. Les policiers avaient aussi un autre surnom : «  Smokey the Bear », le symbole des pancartes qui indiquent l’entrée des parcs nationaux : un ours avec un chapeau de policier canadien.

Alors le « truck » ralentissait. En effet, dissimulé derrière un pilier de pont, une voiture de police était à l’arrêt, le radar prêt à flasher. Mais une fois dans les descentes pour prendre de l’élan, l’engin filait à près de 75 miles à l’heure ( 120 km/h). Il doublait les voitures et de ma fenêtre, je les voyais tanguer sous l’effet du vent.

C’était en effet un monstre d’aluminium : un «  Peterbilt » de 37 tonnes ( 80 000 pounds), 15 mètres de long, 2,50 de large, 4,5 de hauteur qui passait juste sous les ponts des autoroutes. Sous le capot, plus de 600 HP ( horse power), chevaux vapeur tiraient allègrement leur chargement. Pour l’alimenter une réserve de carburant de 150 gallons ( près de 600 litres : coût de nos jours : $ 500.00). La cabine, derrière le siège du chauffeur, comprenait un lit, un évier et une toilette. De quoi faire un long trajet sans s’arrêter dans un motel. Mais pour les repas, mon chauffeur connaissait ses coins particuliers, des « Truck stops », immenses parcs à camions. Les «  truckers », véritables cow-boys des temps modernes, avec leur tenue  » Oshkosh B’gosh  » increvable vêtement de « denim » ( comme les blue jeans), s’arrêtent dans ces aires de stationnement. Ils y prennent des douches ( souvent gratuites pour eux), se retrouvent avec des copains à qui ils ont donné rendez-vous par CB, remplacé maintenant par des GPS et mobile phones. Alors la tablée se forme et l’on partage les dernières rumeurs, les aventures de la semaine avec incidents et anecdotes amusantes, autour de plats copieux et riches en calories. Ils parlent un langage particulier, difficile à comprendre des néophytes. Rares sont les chauffeurs menus et ils ont besoin de force pour manœuvrer leurs monstres.

Quand je voyage, je choisis souvent un truck stop : la nourriture y est abondante et bon marché, l’atmosphère chaude et bruyante. Puis devant le restaurant, une boutique aux objets les plus insolites et souvenirs invraisemblables. Mais il y a aussi les «  truckers girls », femmes de gentille vertu, qui proposent  leurs impeccables services pour détendre nos routards.

Au cours de ce voyage vers Memphis, le camion a dû s’arrêter à plusieurs reprises à des «  Weigh Stations Compliance Check » : au bord des autoroutes, à espaces réguliers, sont installées des aires de contrôle pour camions. Ne soyez pas étonné si vous voyez le « Truck » devant vous, mettre son clignotant au milieu de nulle part. Le chauffeur a vu une aire de contrôle, obligatoire. Là sont pesés et mesurés les camions pour vérifier qu’ils ne dépassent pas le poids réglementaire qui correspond à l’engin, ainsi que la longueur. Le chargement sur les remorques plates, est aussi vérifié. Si tout se passe bien, le convoi est autorisé à continuer sa route. En cas d’infraction, surcharge ou dépassement du matériel, le camion reçoit une forte amende et est paralysé jusqu’à ce qu’il soit soulagé. Cela coûte trop cher aux compagnies pour qu’elles s’amusent avec ces infractions.

L’Amérique a depuis longtemps adopté le permis à points. Le système est le même que celui qui existe à présent en France. On perd des points pour chaque infraction au code la route. Les Américains appellent cela des «  demerit points ». Mais si vous roulez sans PV, vous recevez de l’état une carte qui vous félicite et vous aide lorsque vous avez un contrôle. Par contre les conditions sont beaucoup plus dures que chez nous. Vous perdez 4 points en un an et vous n’avez plus de permis pour un an. Au cours  de vos voyages aux Etats-Unis, ne jouez pas avec le feu : obéissez aux limites de vitesse et ne discutez pas avec un « cop ». Vous risquez gros même si vous êtes touriste et français. Ils n’hésiteront pas à vous traîner au poste.

Toutefois il m’est arrivé une histoire qui vaut le coup d’être contée : un samedi soir près de Chicago, une voiture de police m’arrête et un flic me dit que je me suis mis en infraction. Je ne voyais pas laquelle. Il me dit : «  Je vous laisse partir si vous me payez $50 tout de suite. » Je réclame un reçu mais il ne veut pas m’en donner un et me menace. Devant ma détermination, il est parti chercher une autre victime plus consentante !

Par contre j’ai eu affaire à un « cop » sympathique. Je rentrais d’Aurora sur une grande nationale et j’ai dû oublier mes propres consignes. De derrière un buisson, surgit une puissante voiture, gyrophares bleus et rouges allumés. Je m’arrêtai et le policier sortit de sa voiture et me demanda mes papiers. A l’époque je n’utilisais que mon permis français. Il le regarda et dit soudain : «  That’s where my mother was born ! » ( C’est là qu’est né ma mère) en désignant ma ville de naissance : Marrakech. Il me laissa filer sans me pénaliser !

C’est avec admiration que les touristes suivent l’évolution des «Freightliners », des « Peterbilt », des « Mack »( usines rachetées par Renault dans les années 1990), des «  Volvo » qui arrivent à faire concurrence aux mastodontes américains.  CRST avait beaucoup de tracteurs «  Volvo ». Alors ces poids lourds de la route deviennent une attraction aux arrêts, lorsque vous les croisez et quand ils vous doublent. Cependant il ne faut pas cacher le fait que ces camions qui parfois roulent comme des fous ( j’ai eu l’expérience d’un poids lourd qui repoussait les voitures presque dans les fossés tellement il roulait vite), créent des accidents spectaculaires. La police des états est particulièrement vigilante pour faire respecter les limites de vitesse.

Si vous voyagez aux Etats-Unis, n’hésitez pas à vous arrêter dans ces «  truck stops », vous y trouverez une ambiance exceptionnelle. Il est possible de vous faire prendre en stop par les camionneurs qui parfois souhaitent de la compagnie pour passer le temps. Des grosses sociétés de transport offrent d’occuper l’arrière de la cabine pour des prix assez modestes. C’est une façon de voir l’Amérique différemment.

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