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L’histoire cachée des Crises Financières

L’histoire cachée des Crises Financières
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Dans un livre récemment publié aux Etats-Unis, les deux auteurs, Bethany McLean et Joe Nocera, apportent une lumière éclatante sur le scandale des sociétés de prêts immobiliers en Amérique depuis l’époque de Reagan. En trois parties, le compte rendu de cet ouvrage a pour but d’apporter des éclaircissements sur une tempête monétaire qui faillit mettre le monde financier à genoux. Les explications ne seront pas trop techniques mais pourront se lire comme un « polar ».

Par André Girod

All the devils are here ( Tous les démons sont là)

Hidden history of the Financial crisis

Histoire cachée de la crise financière

Par Bethany McLean et Joe Nocera

 

Dans un livre récemment publié aux Etats-Unis, les deux auteurs, Bethany McLean et Joe Nocera, apportent une lumière éclatante sur le scandale des sociétés de prêts immobiliers en Amérique depuis l’époque de Reagan.

En trois parties, le compte rendu de cet ouvrage a pour but d’apporter des éclaircissements sur une tempête monétaire qui faillit mettre le monde financier à genoux. Les explications ne seront pas trop techniques mais pourront se lire comme un « polar ».

Cependant avant de me lancer dans cette péripétie, un exemple pour vous montrer ce qu’était l’achat d’un bien immobilier aux Etats-Unis dans les années 1980. En 1983 j’achète une maison à Westmont, Illinois. C’est une banlieue à l’ouest de Chicago. Je peux et veux la payer comptant : $ 80 000. Les papiers sont à signer chez un avocat car aux Etats-Unis l’avocat est aussi notaire. Quand je lui annonce que je fais un chèque pour cette somme, il me regarde et me dit que c’est anti-américain ! Personne aux Etats-Unis n’achète comptant, on prend toujours un crédit (ou on prête) et on dépense son argent à acheter autre chose : des meubles, un voyage, une voiture, tout cela à crédit, ça fait tourner l’économie ! Je me suis presque fâché pour qu’il accepte un paiement cash. Il devenait facile d’acheter un bien sans aucun apport.

La tempête se prépare 

Tout est parti d’une idée qui, au moment de sa mise en place, aurait pu paraître géniale : le rêve américain tel qu’on le vante depuis un siècle. L’Amérique est toujours apparue comme un Eldorado, le nouveau continent qui offrait aux persécutés et aux pauvres l’opportunité de se créer une nouvelle vie, avec, à la clef, un mode de vie meilleur. Au 19esiècle, ce fut comme une ruée vers l’or où dominait l’envie de s’enrichir donc de pouvoir apporter à soi et à sa famille confort et bien-être. Peu à peu le schéma prit forme et chacun put se nourrir, s’habiller, trouver quelques loisirs et surtout se sentir fier d’être Américain. Au cours des années avec la guerre de 14-18, entre les deux guerres puis au retour de la paix en 1945, l’amélioration lente mais constante des conditions de vie faisaient que l’Amérique devenait de plus en plus le rêve du reste du monde. Les émigrés se ruaient sur les rives des Etats-Unis pour se faire «une place au soleil ».

Jusqu’ici rien de plus banal en parlant de l’Amérique. Mais dans les années 1970, l’économie avait atteint un palier qui ne permettait pas aux plus démunis, ceux que l’on commençait à appeler les « laissés pour compte » de pouvoir se loger convenablement. Un système assez rigoureux s’était instauré pour contrôler d’une façon efficace, les revenus de chacun avant d’accorder un prêt pour une maison. L’accès à la propriété était fermé aux classes défavorisées.

Alors Reagan, pourtant Républicain mais homme issu d’un milieu modeste, voyait qu’il fallait lancer un vaste programme pour aider ceux qui rêvaient de posséder une maison aussi petite fût-elle. Cette acquisition s’inscrivait dans l’idée du « rêve américain » et elle devait reprendre vie.

Mais c’est Franklin Delano Roosevelt qui, dans un élan social, décida de créer un organisme privé sous la tutelle de l’état fédéral pour s’occuper du marché de l’immobilier pour les classes ouvrières qui avaient d’énormes difficultés pour obtenir un prêt. Cette classe se voyait refuser  des crédits au logement par les banques traditionnelles. Celles-ci exigeaient des garanties que ne pouvaient fournir les pauvres : versement initial,  justificatifs de revenus, profil financier pour pouvoir rembourser un prêt.

Cet organisme portera le surnom phonétique de Fannie Mae Federal National Mortgage Association ( FNMA). C’est un organisme de financement de second degré. Il aide à apporter de l’argent frais aux banques qui elles, distribuent les prêts. C’est en quelque sorte un vaste réservoir de liquidité garanti par l’état fédéral.

Tout s’installe pour le faire fonctionner lorsqu’arrive la guerre. Il est mis en veilleuse. Après la guerre, rien ne sert de le faire repartir puisque l’économie suffit à elle-même à créer des emplois et à nettement améliorer la croissance. Fannie Mae reste donc une structure financière qui ne joue qu’un petit rôle dans la vie économique des Etats-Unis. Au début des années 1970, l’économie américaine a des ratés, crise du pétrole en particulier. Alors  le congrès américain, sous l’impulsion du Président Nixon, transforme Fannie Mae en une puissante machine financière en lui accordant son soutien administratif et autorise un second organisme de lui faire concurrence : c’est Freddie Mac, autre acronyme pour Federal Home Loan Mortgage Corporation (FHLMC). C’est la naissance du GSE ( Government Sponsored Entreprise) pour les deux organismes de prêts, en un mot c’est avec une charte de l’état Fédéral que peuvent opérer Fannie Mae et Freddie Mac.  Mais comme l’indiquent les intitulés, ces organismes n’en restent pas moins une entreprise libre avec des actionnaires et une liberté d’action totale (Private shareholder owned company : compagnie privée, propriétaire d’actionnaires !). Le gouvernement n’interviendrait qu’en cas de problème. Evidemment au vu de la croissance et de la puissance des Etats-Unis, personne au gouvernement ne pensait devoir un jour injecter une aide financière !

Mais c’est surtout sous Reagan (1981-1989) qu’une vaste impulsion est donnée à Fannie Mae et Freddie Mac pour commencer à financer des prêts pour ceux qui étaient rejetés par les banques. Alors va apparaître l’idée du « Subprime » .

Explication simple : le système bancaire était composé de deux sortes de banques : la banque de dépôts et la banque d’investissements. La banque de dépôts reçoit de l’argent des particuliers et l’utilise pour le prêter à ceux qui veulent acheter une maison ou un bien immobilier. Les conditions sont draconiennes car l’établissement veut s’assurer que le prêt sera remboursé. C’est ce qui se passe en France. Les revenus entretiendront le bon fonctionnement de la banque et permettront à celle-ci de garantir un intérêt sur les sommes versées.

Quant aux banques d’investissements, elles s’occupent surtout des industries.

Pour fournir un prêt, lorsque le dossier est accepté, la banque établira un taux d’intérêt à verser, lequel devant la concurrence ne devrait pas être très élevé. Jusque là tout va bien, nous sommes dans un schéma classique.

Mais Fannie Mae et Freddie Mac, pour se protéger d’éventuels mauvais payeurs, population aux revenus précaires et faibles, vont instaurer un taux d’intérêt beaucoup plus élevé que la norme et surtout variable selon l’inflation et l’accroissement de la valeur immobilière du bien acquis. Trop heureux de recevoir un prêt et de pouvoir acheter une maison, les emprunteurs, souvent pas trop versés en matière financière, acceptent les conditions de Fannie Mae et Freddie Mac. Tout le monde y trouve son compte : l’ouvrier est propriétaire, Fannie Mae et Freddie Mac reçoivent un intérêt élevé et le gouvernement constate que de plus en plus de propriétaires proviennent de cette classe rejetée par les banques.

 

L’arnaque

Deux problèmes vont résulter de cette constatation : les banques de dépôts ne sont pas satisfaites de voir s’échapper ce nouveau marché qui rapporterait beaucoup plus et augmenterait leur chiffre d’affaires. Et elles se disent prêtes à prendre les risques qui vont avec de tels prêts : l’impossibilité des emprunteurs de rembourser les échéances à la suite d’un incident de la vie ( chômage, maladie, divorce).  Et de partout, en plus des banques, vont surgir des sociétés de prêts « subprime » dont les plus coriaces seront : Ameriquest de  Roland Arnall et sa femme, Countrywide du carnivore Angelo Mozilo, AIG de Hank Greenberg, véritable dictateur dans son groupe.

Alors banques et sociétés font pression sur les Etats pour être autorisées à se lancer sur ce marché. Le gouvernement fédéral cède et elles plongent tête baissée dans les « subprimes »,  prêts à taux élevé et variable. De toute façon, elles ne seraient pas perdantes, pensent-elles, puisque les premiers règlements sont surtout le remboursement des intérêts et que la valeur immobilière des biens ne fait que grimper. S’il y a défaillance dans les échéances, la maison est reprise et remise sur le marché à un prix plus important. Le tour est joué, la banque et la société gagnent sur les deux tableaux. Mais il y a un énorme hic : ces prêts ne sont pas garantis par le gouvernement comme le sont ceux de Fannie Mae et de Freddie Mac. C’est un risque supplémentaire que comprennent les banques et les sociétés. Elles l’acceptent, devant l’appât du gain et les énormes bénéfices qu’elles peuvent engranger ( le taux variable peut monter jusqu’à 20% au bout de deux ans !). Surtout que les comptes de Fannie Mae et de Freddie Mac sont triomphants : leurs prêts s’élèvent à des milliards de dollars et que leurs bénéfices dépassent les 2 milliards de dollars partagés entre les actionnaires. Les actions  grimpent à des plafonds exorbitants.

Mais une idée sournoise  surgit dans la tête des dirigeants de Fannie Mae et de Freddie Mac : leur organisme peut prêter de l’argent aux banques et ainsi partager sa couverture fédérale. Au gouvernement, personne n’y voit d’inconvénient : c’est pour le bien du peuple !!

Alors se met en marche une terrible machine de destruction que plus rien ne pourra arrêter sinon une violente crise financière.

Au début Fannie Mae et Freddie Mac, avec une certaine prudence, avaient mis des conditions à ces prêts : versement minimum de 10%, documents à fournir pour justifier des revenus. Devant la concurrence féroce de ces nouvelles sociétés qui n’hésitent pas à bousculer, même écraser les règles de décence, les officiers chargés des prêts, souvent agents indépendants, se mirent à falsifier les documents pour toucher leurs primes qui s’élèvent parfois jusqu’à 20% du montant du prêt. D’où leur tactique impitoyable : faire accorder un prêt le plus élevé possible à des gens qu’ils savaient , qu’ils ne pourraient pas rembourser ! Ils vont même à créer des « no-docs loans » : prêts fournis sans le moindre document comme des feuilles de salaires, solvabilité de l’emprunteur. Plusieurs exemples sont donnés dans le livre «  All the devils are here » ( Tous les démons sont là) de Bethany McLean et Joe Nocera : « La société Mortgage Guaranty de Chicago fait un prêt de $ 360 000 à une femme qui, sans justificatifs, déclare $ 6 833 par mois alors qu’en réalité elle ne gagne que $ 1300. Qu’à cela ne tienne, l’agent falsifie le bulletin de salaire et même lui donne un autre métier. De femme de ménage, elle passe à technicienne supérieure dans un atelier de mécanique car son fils connaît le fils du propriétaire !  »

Un autre exemple est donné : « Une commerciale au chômage depuis plusieurs années devient manager de «  Bay Area Sales and Marketing », une boite qui n’existe pas et reçoit un bulletin de salaire de $ 8 700 par mois. Elle reçoit un prêt de $ 398 050 ! »

Dans la profession, ces méthodes machiavéliques sont connues mais personne n’ose se rebeller car l’argent qui coule à flots dans les caisses, permet des primes exorbitantes. Ceux qui osent présenter des récriminations sont simplement licenciés ou obligés de démissionner. La lutte impitoyable que se mènent ces divers organismes conduit à des excès qui apparaîtront comme inacceptables lors de la crise. Les témoins viendront révéler que c’était un système mafieux mis en place avec l’aide de certains membres des organismes de surveillance : la SEC ( Securities and Exchange Commission, Agence fédérale de contrôle) . Car beaucoup étaient attirés par des postes offerts par ces organismes et quittaient l’administration pour accepter des postes à salaire quatre ou cinq fois plus confortables.

Devant cette manne qui coulait, les banques demandent à y participer et sont prêtes à investir l’argent de leurs clients dans ce phénomène de société. Alors les compagnies de prêts créent des produits dérivés ( dérivatifs) dont beaucoup deviendront toxiques ( c’est à dire dangereux car ils n’ont strictement aucune garantie). Expliquons : Ameriquest, par exemple, pour avoir de la liquidité pour assurer ses prêts, va regrouper l’ensemble de ses prêts en « packages », dépassant les millions de dollars pour les vendre aux banques américaines et étrangères. Ameriquest va aussi viser ceux qui ont beaucoup d’argent  dans leur trésorerie : les fonds de pension.

Dans ce package « MBS » ( Mortgage Backed Security) ou  «  CDO » (Collateral debt obligations) est inclue la totalité d’un prêt, des intérêts et des frais de dossiers. En regardant de près les intitulés, on s’aperçoit que MBS veut dire que la sécurité du prêt vient du bien ou CDO explique que la garantie vient de l’obligation de remboursement du prêt ! Nous savons bien sûr que tout est faux dans l’énoncé car rien n’est garanti ! Prenons l’exemple de cette brave femme de ménage qui a réussi à obtenir un prêt de $300 000. A cela, il faut ajouter ses frais de dossier ( jusqu’à 20% du montant du prêt soit $60 000) et l’intérêt du prêt ( 5% les deux premières années et grimpant jusqu’à 20% les années suivantes). Le total peut s’élever à $490 000. Par conséquent dans le « MBS » ou le « CDO », la somme proposée à acheter sous forme de « tranches » ( mot français en jargon financier américain) sera de $490 000 que le fond de pension ou la banque versera à Ameriquest.  Que compte gagner le fond de pension ? D’abord l’intérêt versé et le titre de propriété de la maison. Au vu du pourcentage du taux d’intérêt cela semble une bonne affaire. Et la valeur de la maison ne fait que monter.

Dés le départ, le montage financier est faussé : le fond de pension a acheté un regroupements de prêts sans savoir exactement quelles sont les propriétés qui garantissent ces prêts car tous les prêts sont fondus les uns dans les autres sans en connaître les détails. Il a acheté un regroupement de prêts. Deuxième point important : le fond de pension n’a JAMAIS vérifié la valeur vénale du bien car il ne le pouvait pas ( comme dans un fond d’investissement). On se rappelle que les courtiers pour augmenter leurs primes, avaient tendance à surévaluer ( parfois en les doublant) le prix du bien immobilier. La maison de la femme de ménage valait en réalité  moins de $200 000 pour une valeur déclarée de $300 000 ! Le fond de pension donnait $490 000 pour une contrepartie de $200 000, plus intérêts souvent non payés !

Il est clair que si ces transactions portent sur quelques millions de dollars, le risque est limité ! Mais Ameriquest avait un portofolio de quelques 450 MILLIARDS de dollars ! De même pour Countrywide la plus grosse société de prêts «  subprime » en Amérique  et à son apogée dépassait un portefeuille de plus de mille MILLIARDS de dollars ( trillion) !

 

La chute

Mais des voix d’associations de consommateurs ( elles existent aux Etats-Unis) commencèrent à se faire entendre à Washington auprès des membres du Congrès. Des économistes lançaient des appels désespérés dans des journaux spécialisés démontrant que se construisait sous leurs yeux et à la barbe des organismes de surveillance, une véritable catastrophe financière, un château de cartes qui s’écroulait non pas en des mois mais en des heures ! Pourtant personne ne semblait concerné car il y avait plusieurs barrières de sécurité qui protégeaient. La première était la notation donnée par ces organismes qui surveillaient les entreprises ( dont les banques et sociétés de prêts) et donnaient une note sur leur bilan et puissance financière. Ces organismes étaient au nombre de trois mais le plus connu est certainement Moody’s, celui qui note la Grèce par exemple.

Cet organisme a un statut bancal pourtant : il est payé par celui qu’il note et ses frais dépendent de la note donnée !! Il a donc intérêt à distribuer des bons points car cela rapporte plus que de donner des blâmes ! La plus haute note est un «  triple A » et la plus basse un « Baa3 ». Elle certifie de la bonne santé de l’entreprise et ainsi lui permet d’emprunter auprès des banques à des taux très bas puisqu’elle ne présente aucun risque ! Toutes les sociétés de prêts « subprimes » reçurent jusqu’au dernier jour la récompense sublime : « Triple A » alors qu’elles allaient crouler sous les dettes et déposer le bilan le lendemain ! Freddie Mac et Fanny Mae avaient jusqu‘au 22 août 2008 la note de « triple A ». Mais Warren Buffet annonce qu’il refuse de mettre de l’argent dans ses fameuses «  tranches » à qui il ne fait pas confiance. Le lendemain Moody’s donne la pire note qui existe un «  Baaa3 » aux organismes et c’est la débandade !

Devant l’impossibilité de millions d’Américains de rembourser leurs traites, le système s’écroule. Les banques, les fonds de pensions n’ont plus que des tranches de MBS ou de CDO qui ne valent plus rien. Les actions chutent : de janvier 2008 au 11 octobre 2008, la valeur des actions américaines perd plus de HUIT MILLE MILLIARDS de dollars soit un quart de son capital investissement.

Le 15 septembre 2008, la banque Lehman Brothers Holdings Inc fait faillite, la plus grosse de l’histoire américaine : elle s’était lancée corps et âme dans le «  subprime » en en vendant à tour de bras à l’Armée du Salut, aux fonds d’investissement de Harvard University, les fonds de pension des états de l’OhioPennsylvannie et bien d’autres. Sa valeur chute de 40% puis disparaît. 26 000 employés sont livenciés et ont une heure pour vider leur bureau ! Impitoyable Amérique ! Son président Richard S Fuld est arrêté pour fraude ! Lors de ses interrogatoires, il reconnaît sa responsabilité mais accuse les organismes «régulateurs » et le Congrès d’avoir autorisé une telle débâcle.

Richard S Fuld avait reçu en 2006 une prime de 40 millions de dollars et en 2007, une de 34 millions. Le 10 novembre 2008, quelques semaines après la faillite de Lehman, Fuld transfère le titre d’une de ses maisons en Floride ( valeur 14 millions de dollars) à sa femme pour …. 100 dollars !! Il veut sauver les ( ses ) meubles ! Pénalement il est blanchi, car les circonstances de la faillite n’était pas de son seul ressort. Par contre il doit faire face à un procès civil où ses victimes ( clients et investisseurs) se retournent contre lui pour fraude : il n’a jamais révélé la vérité des subprimes qu’il ne pouvait pas ignorer !

Le FDIC Federal Deposit Insurance Corporation) assurance fédérale pour toutes les banques américaines perd 98% de ses réserves pour essayer de sauver les dépôts des clients. Le gouvernement américain doit intervenir massivement pour sauver le système bancaire. Fannie Mae et Freddie Mac  qui possèdent la moitié du marché «  subprime » perdent SIX MILLE MILLIARDS de dollars !

C’est la déroute sur tous les marchés et dans les bourses !

Voilà comment une Madame Francesca Garcia, émigrée mexicaine, qui voulait sa petite maison, a réussi à faire succomber le système financier américain et de la terre. Elle, ainsi que des millions d’autres à qui des courtiers sans scrupules, épaulés par des sociétés vampires et des présidents qui rêvaient de centaines de millions de primes de fin d’année, avaient vendu du «rêve américain » en les truandant et leur vendant du vent, était le minuscule grain de sable qui avait enrayé la belle machine des «  subprimes »

Quelques trois ans plus tard, la saga des forclosures ( saisies immobilières) et des subprimes est loin d’être terminée :

Cet extrait d’un article du New York Times du dimanche 19 juin 2011 montre qu’il faudra dans certains états près de SOIXANTE ans pour que les procès s’achèvent ! Il y a tellement de cas, par millions, que les tribunaux sont débordés ! De plus pour accélérer les saisies, les banques avaient instauré un vrai système de fraude : les accords des emprunteurs à modifier leurs contrats étaient signés par des « robots », employés qui passaient leur journée à falsifier les signatures !

« The large number of cases nationally — about two million, plus another two million waiting in the wings — have overwhelmed many lenders and the courts.

Lenders, who service loans they own as well as those owned by investors, tried to circumvent the time-intensive process by using “robo-signers” who mass-produced documents, many of which made inaccurate claims. When the bad practices were discovered last fall, the lenders were forced to revisit hundreds of thousands of cases.

Over the last two years, most defaulting homeowners were people who had lost their jobs. Housing analysts say these homeowners are more likely to hire a lawyer and fight repossession than borrowers who had subprime loans that swelled beyond their ability to pay. »

Une conclusion est impossible à rédiger tellement l’affaire est invraisemblable mais pourtant authentique : à chacun d’ajouter son mot !

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