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Une histoire du Théâtre aux Etats Unis – 20e siècle, le renouveau

Des tentatives de rénovation eurent lieu dans le cadre désormais légendaire de Greenwich Village où se déroulèrent les premières représentations des Washington Square Players, qui firent une part égale aux répertoires européen et américain.

En 1915 également, se fonde l’association des Provincetown Players, qui, darns le cadre rural de Cape Cod, monte des oeuvres de Susan Glaspell et de O’Neill. Cette même troupe affronte New York sous le nom de Playwrights’ Theater.

Le théâtre de Susan Glaspell est lié à cette période novatrice et présente une indéniable superiorité sur les oeuvres auxquelles il succède. Libéré des situations conventionnelles et plutôt optimistes, il se tourne vers une satire corrosive de la psychanalyse dans Suppressed Desires (1914), de l’hypocrisie et des compromissions de la bonne societe dans A Woman’s Honor (1918) et Thickless Time (1918). The Inheritors (1921) traite d’un grand thème américain, celui du libéralisme traditionnel qui finit par se scléroser en un conservatisme égoïste et borné.

Alison’s House (1930) est consacré à la place de l’artiste (en l’espèce, la poétesse Emily Dickinson) dans cette société. Ses œuvres plus tardives perdent l’acuité et le sens d’une technique nouvelle qui en faisaient le principal mérite.

O’Neill et les Provincetown Players
En 1916, les montèrent la première pièce de O’Neill dent l’oeuvre dramatique est à l’origine de toute la tradition théâtrale des Etats-Unis.

O’Neill s’inspira du réalisme scénique d’Ibsen et osa traiter des sujets jusque-là réputés choquants ou démoralisants.

Le thème de plusieurs de ses pièces qui, à plus d’un titre, pourraient se réclamer du genre de la tragédie, est l’écroulement intérieur du personnage principal dont la conscience ravagée est soumise à un obscur et menaçant au-delà: Beyond the Horizon (1920), Anna Christie (1921), The Emperor Jones (1920).

O’Neill introduisit l’usage d’une diction naturelle et d’un langage ordinaire qui permettaient une meilleure approche des problèmes psychiques. S’il n’assimila pas parfaitement l’enseignement de Berthold Brecht, il sut néanmoins faire servir la langue autant que les accessoires de scène à la création d’une atmosphère trouble et inquiétante.

Malheureusement, ces procédés n’étaient pas toujours exempts des excès d’une technique expressionniste, comme le prouvait The Great God Brown (1926) où les acteurs portaient et échangeaient des masques représentant des émotions, manifestes ou voilées.

Au contraire, Strange Interlude (1928) était libère de ce lourd appareil; utilisant le monologue et l’aparté, O’Neill parvenait à restituer directement le courant de conscience de ses personnages. D’inspiration différente, Marco Millions était une dénonciation du matérialisme commercial ambiant.

Ah! Wilderness(1933) révelait un des aspects les plus authentiques du talent d’O’Neill: son don d’observation de la réalité quotidienne américaine, qui impliquait à la fois un sens profond de la langue et de la vie, et une vision sans pitié du caractère national.

Pour certains, son chef-d’oeuvre est, sans conteste, Mourning Becomes Electra (1931), Le deuil sied à Electre, immense panorama qui, cinq heures durant, imposait, à partir du mythe grec, la présence de la fatalité.

Sa dernière pièce, The Iceman Corneth (1946) mêlait habilement un réalisme cru à un mysticisme diffus qu’une large lyrique, où le néologisme rencontrait le tour archaïque savoureux, rendait très scénique.

Auteur dramatique d’audience internationale, proche de Strindberg par son angoisse puritaine et son sentiment aigu de la solitude, O’Neill, cependant, appartient bien aux Etats-Unis et c’est l’inquiétude américaine qu’il exprime, devant le gigantisme technologique d’une civilisation qui lui semble ne comporter, d’un point de vue humain ni artistique, aucune contrepartie à ces richesses matérielles.

Mise à part l’influence exercée par O’Neill, les courants d’esprit qui agirent le plus sur le théâtre des annees vingt furent le freudisme et le marxisme, tous deux très simplifiés, et le plus souvent de façon abusive.

The Silver Cord de Sidney Howard (1926) est une étude de la structure familiale américaine et de son matérialisme destructeur. Dans The Adding Machine (1923), Elmer Rice exprime, par une technique expressionniste, la destruction de la personnalité humaine par la machine.

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