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Capitol Reef National Park

Capitol Reef, surnommé « History on the Rocks », tire son nom des énormes formations arrondies, coiffées de grès blanc, qui rappellent la coupole du Capitole de Washington. «Reef» ou récif, est un terme propre aux mineurs de la Frontière ; emprunté au langage de la mer, il désigne toute barrière rocheuse naturelle difficile à franchir.

Le parc possède d’innombrables arches aux allures fantastiques, façonnées par l’érosion, des tours, des défilés, des forêts pétrifiées, et aussi des objets artisanaux laissés par les Indiens de l’époque précolombienne qui habitaient des cavernes creusées dans les canyons du nord.

A une époque relativement récente (1850), cette région, si riche en souvenirs du passé, fut occupée par des Mormons : une douzaine de familles cultivaient des pêchers le long de la Fremont River, près du verdoyant village de Fruita, niché dans la vallée ; elles se livraient discrètement à la polygamie, qu’encourageaient à l’époque leurs autorités religieuses.

Après l’interdiction de cette pratique par le Congrès, en 1882, les marshals fédéraux se mirent à faire des visites surprises dans le secteur pour rechercher les individus coupables de «cohabitation illégale ». Dés que les guetteurs décelaient l’approche de ces cavaliers indésirables, l’alerte était donnée au village et une horde de maraîchers barbus, surgis des maisons et des vergers, disparaissaient au creux d’un canyon dissimulé dans les falaises.

Fruita, tombée en ruine dans les années 1920, allait devenir la principale aire de pique-nique dépendant du Centre des Visiteurs, situé à 1,6 km de là. Mais la cachette s’appelle toujours « Cohab Canyon » (les promeneurs que l’escalade ne rebute pas peuvent aller la visiter).

Polygames ou non, les colons consacraient le plus clair de leur temps à dompter la nature sauvage. Tout au long des 20 km de la Scenic Drive, de la route panoramique qui part de Fruita en direction du sud et s’élève à une altitude de 1 645 m, on peut contempler les traces encore très nettes de ce labeur acharné. Par exemple, les énormes blocs de pierre que les Mormons, démunis de mortier ou de bois pour édifier des barrières, faisaient rouler les uns à côté des autres afin d’empêcher leur bétail de se disperser. Le four à chaux qu’ils creusèrent dans une colline (sans autre outil ou presque que leurs mains nues) pour fabriquer le plâtre indispensable à la construction de leurs maisons est toujours en parfait état de marche.

A environ 1,5 km s’élève Danish Hill, ainsi baptisé en souvenir de deux Danois dont le chariot bâché s’était brisé dans la côte. Les visiteurs peuvent y admirer les reliefs assez exceptionnels modelés par l’érosion dans une argile gris-vert ; les pionniers de passage les avaient baptisés « demoiselles », car ils évoquaient pour eux la silhouette d’élégantes dames françaises coiffées de chapeaux raffinés

Un peu plus loin s’ouvre, près de la route, un dédale de tunnels vieux de plus de 100 ans. C’est la mine d’uranium Oyler, sombres éboulis maintenant abandonnés. Comme l’indique une pancarte, Oyler, notable de Fruita, se vantait d’envoyer son minerai à Marie Curie pour ses expériences sur la radioactivité. Rien n’est moins sûr : d’autres propriétaires de mines de la région se targuaient d’en faire autant et il semble qu’en fait une bonne part de la production d’Oyler ait été administrée comme médicament anti-rhumatismal. A cette époque, en effet, la mode voulait que l’on absorbât des solutions de minéraux réduits en poudre pour combattre diverses maladies.

Haut dans les falaises, au bord d’un chemin de traverse, se trouve Cassidy Arch, cache naturelle évidée dans la pierre qui, au tout début du siècle, servit de refuge à Butch Cassidy et à sa bande de hors-la-loi. Les bandits s’y étaient dissimulés après avoir accompli une série d’attaques spectaculaires contre des banques et des trains à travers l’Utah et le Colorado. On y accède par un sentier escarpé de quelque 2,5 km de long.

Tandis que le Scenic Drive serpente vers le sud entre des falaises et des mines de cuivre désaffectées trouant la montagne, on voit apparaître des forêts « pygmées » de pins pignons et de genévriers. Bien adaptées aux climats arides, elles forment la majeure partie de la végétation, comme partout dans le sud-ouest des États-Unis lorsque l’altitude s’élève de 1 500 à 2 000 mètres.

Et soudain, c’est le désert . En des temps reculés, cette région, pratiquement située au niveau de la mer, était parfois envahie par les eaux et l’on retrouve, pétrifiées dans les bancs de roche qui bordent la route, les rides parallèles tracées par les vagues sur un sable autrefois meuble.

Vers la fin du parcours, les parois du canyon se rapprochent. Il n’y a pas si longtemps, les conducteurs de chariots bâchés qui se frayaient un chemin entre ces murailles imposantes gardaient toujours un œil levé vers le ciel, car toutepluie d’orage tombant sur le haut de la vallée se transformait immédiatement en un torrent de boue aux flots tumultueux. Aujourd’hui, les rangers du parc ferment la route dés que l’inondation menace.

Capitol Reef National Park se trouve dans la région centre-sud de l’Utah, dans les contés de Sevier, Wayne et Garfield.

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