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Bodie, une ville fantôme californienne

Une authentique ville fantôme californienne, située sur les contreforts est de la Sierra Nevada. On s’y promène sur une lande poussiéreuse parsemée d’herbe jaune, entre les restes, conservés par le climat sec de la région, de saloons, de commerces, d’une église et d’installations minières, dans ce qui fut autrefois une ville de dix mille habitants.

Une authentique ville fantôme californienne, située sur les contreforts est de la Sierra Nevada. On s’y promène sur une lande poussiéreuse parsemée d’herbe jaune, entre les restes, conservés par le climat sec de la région, de saloons, de commerces, d’une église et d’installations minières, dans ce qui fut autrefois une ville de dix mille habitants.

Un voyage au temps de la Ruée vers l’or dans l’une des anciennes villes minières les mieux préservées des Etats-Unis.

Situé à quelque deux miles de la limite d’Etat avec le Nevada, le site historique de Bodie ne peut être atteint en voiture que par une route de gravier longue d’une vingtaine de kilomètres. Les visiteurs arrivent de Lake Tahoe, au nord, (deux heures de route) ou viennent de quitter le Parc National de Yosemite par la Tioga Road. Ils arrivent alors à Bodie par la Highway 395, après avoir admiré la vallée en grande partie occupée par Mono Lake, traversé la petite ville de Lee Vining et tourné à droite au niveau d’un carrefour indiqué sous le nom de Dog Town sur les cartes (7 miles au sud  de Bridgeport).

La route est poussiéreuse et caillouteuse et on y progresse lentement. Mieux vaut l’emprunter à la belle saison, quand les jours sont longs, et même si la température peut parfois être très élevée. Elle peut être fermée l’hiver en raison de tempêtes de neige ou d’un fort enneigement.  Mieux vaut aussi disposer d’un véhicule tout-terrain.

Les gisements aurifères furent découverts dans ce secteurs à partir de 1859, soit plus de dix ans après le début de la Ruée vers l’or, par un prospecteur nommé William S. Bodey. Le premier puits de mine ne fut installé qu’en 1861. D’une vingtaine d’occupants dans un camp de toiles de tentes, on passa rapidement à une ville aux maisons de bois, une cité de l’Ouest qui se développa chaque jour un peu plus pour atteindre 10 000 habitants à la fin des années 1870.

Une cité sans foi ni loi, fidèle à la légende de l’Ouest, où les meurtres étaient monnaient courante, les bagarres de rue quotidiennes, et où l’on compta jusqu’à soixante-cinq saloons (naturellement agrémentés des incontournables « Ladies of the night« ) salles de jeux et fumeries d’opium au plus fort de l’exploitation.

Comme toute cité de l’Ouest, Bodie eut aussi son Chinatown, quartier dans lequel se regroupèrent plusieurs centaines d’immigrants originaires d’Asie, préservant ainsi leur mode de vie et leur religion (autour d’un temple taoïste), leurs coutumes et traditions. Ville dans la ville, le quartier chinois offrait toute une série de services, de l’épicerie à la laverie et des salles de jeu aux maisons de passe et aux fumeries d’opium.

On considère que le Bodie d’aujourd’hui ne compte plus que 5% des constructions d’autrefois. Pourtant, lorsqu’on se trouve au carrefour de Main Street et de Green Street, la densité des habitations peut sembler importante. Hôtels, bars, école, caserne de pompiers, garages et entrepôts s’étendent de part et d’autre jusqu’aux collines dominant légèrement la ville.

Sur la colline nord de « Bodie Bluff« , dans un secteur interdit au public par sécurité, s’élèvent les bâtiments de l’imposante Standard Mine and Mills (Bunker Hill Mine). Particulièrement profitable cette mine fit la réputation de Bodie, qui vit ainsi les nouveaux venus affluer par centaines à partir de 1878. Si elle fut la plus célèbre des mines de Bodie, la Standard Mine and Mills  ne fut qu’une des exploitations parmi la trentaine que compta la ville.

Lorsque l’or et l’argent commencèrent à s’épuiser, les grandes compagnies  se retirèrent rapidement. Ne restèrent sur place que des chercheurs d’or âpres à la tâche qui ne firent pas fortune mais purent faire vivre leurs famille avec le peu de minerai restant dans quelques filons trop maigres, et dans l’espoir de découvrir de nouvelles « Bonanzas« . Ils furent eux-mêmes pratiquement tous chassés par le grand incendie de Bodie qui se déclara en 1932 et détruisit la plus grande partie de la ville.

Quant au prospecteur William S. Bodey, il ne sut jamais qu’il avait découvert l’un des filons d’or les plus riches de l’Ouest américain : il mourut dans une tempête de neige en 1860, un an seulement après avoir découvert le site.

Vue sur Mono Lake à partir des contreforts de la Sierra Nevada, sur la route venant de Yosemite National Park.

La route conduisant à Bodie n’est goudronnée que sur une courte portion. Le reste du parcours se fait sur une route de graviers plutôt destinée aux véhicules tout-terrain.

A l’entrée de la ville fantôme, une plaque indique que de l’or fut découvert ici par William Bodey. A son apogée, Body fut la plus grande ville du secteur et ses mines produisirent au total pour plus de 100 millions de dollars de minerai. La plaque fait aussi référence à un bandit fameux, mythe ou réalité, nommé « The Bad Man from Bodie ».

La ville de Bodie s’axe autour de deux voies principales, Main Street et Green Street. Main Street se poursuit vers le nord en direction de Bodie Creek Canyon puis continue sur sept miles jusqu’aux limites du Nevada.

Au milieu de ces ruines aujourd’hui parcourus par quelques touristes, il faut se souvenir que Bodie fut à la fin du 19e siècle une ville en pleine effervescence, peuplée de 10 000 habitants, et dans laquelle on trouvait des écoles, des administrations, une prison, des hôtels et quelques 65 saloons.

La résidence de James Stuart Cain, qui arriva à Bodie à l’âge de 25 ans, se lança dans l’industrie du bois, avant de racheter des parts de la Standard Mine and Mill. Il fut l’un des principaux propriétaires fonciers de la ville.

Vue générale depuis les collines dominant Bodie, l’une des « villes fantômes » les mieux conservées de Californie.

l’Old Methodist Church fut construite en 1882. C’est la seule église de Bodie ayant subsisté, et la seule église protestante de Bodie. Le dernier service religieux eut lieu en 1932. Une église catholique fut construite en 1882 mais brûla en 1932.

L’antique « gas station » Shell.

Un Dodge Graham de 1927 dans l’antique station d’essence Shell de Bodie.

La maison de Tom Miller, employé à la Mono Lake Railways & Lumber Co. Son principal intérêt est qu’on peut en visiter l’intérieur.

L’intérieur de la maison de Tom Miller telle qu’elle a été abandonnée dans les années 1930.

Ce bâtiment destiné au bureau de poste fut installé ici en 1879, en remplacement de l’ancien, construit dans un autre secteur douze ans plus tôt. La maison devint par la suite un hôtel.

La mine était connue sous le nom de Bunker Hill Mine lorsqu’elle fut enregistrée en juillet 1861. C’est le succès de cette mine qui est à l’origine de la ruée vers Bodie à partir de 1878.

La lande desséchée du Mono County est souvent parcourue de forts vents de sable. Dès l’arrivée à Bodie on aperçoit les bâtiments de la Standard Mine and Mills, interdite au public en raison du caractère dangereux des terrains environnants.

The Independent Order of Odd Fellows, une organisation fraternelle et altruiste connue aussi sous le nom de « Fraternité des trois anneaux », se réunit au premier étage de ce bâtiment à partir de 1878. Le rez de chaussée fut utilisé par le Bodie Athletic Club.

Construit en 1879, ce « general store » appartint à Harvey Boone, un descendant de Daniel Boone, pionnier et découvreur de l’Ouest américain.

Construit en 1878, le Miners Union Hall fut l’un des principaux endroits de la vie sociale à Bodie. S’y déroulaient les principales fêtes, comme le bal du 4 juillet, l’Anniversaire de Washington ou les réunions de Noël pour les enfants. La maison abrite aujourd’hui le musée de Bodie.

Wheaton Hollis Hotel appartint à l’US Land Office, puis devint les bureaux de la Power Company, avant de devenir une pension de famille.

Son premier propriétaire Dan McDonald, fut gravement blessé par l’explosion d’une charge de dynamite de deux tonnes en travaillant pour la Standard Mine and Mills.

Carcasses de voitures rouillées et machines industrielles abandonnées apportent un élément supplémentaire au parfait paysage de ville fantôme que constitue Bodie.

Avec sa population de 10 000 habitants en 1880, Bodie fut alors la deuxième plus grande ville de Californie.

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